Dans Dolce tormento (2004), on entend entre les notes du piccolo les vers chuchotés d’un sonnet de Pétrarque. Dans Vent nocturne (2006), Saariaho imagine le rapport entre les soupirs de l’alto et ses échos électroniques comme une édition bilingue. Sa musique parle, avec ou sans mots. Mais elle tremble et bat aussi : Je sens un deuxième coeur (une commande de Carnegie Hall en 2003 pour compléter le cycle inachevé de six sonates projeté par Debussy) évoque le double rythme cardiaque de la mère et de l’enfant.